Souvent considéré comme mal aimé, ce moteur de recherche français va pourtant devenir celui utilisé par défaut à la place de Google par les parlementaires européens afin de préserver leur vie privée.
L’annonce est tombée suite à la consultation d’une communication interne au Parlement européen par la rédaction de Politico. « Conformément à l’engagement du Parlement envers la souveraineté numérique et la protection des données personnelles des utilisateurs », c’est désormais Qwant, lancé en 2013 comme une vraie alternative sans publicité préservant la vie privée de ses utilisateurs, qui servira de moteur de recherche par défaut aux eurodéputés. Né en France, cet outil a été pensé dès le départ à l’échelle européenne puisque ce n’est plus ni moins que la Banque Européenne d’Investissement qui a financé une belle part du projet en 2015. L’entreprise française a même transmis son code source à la CNIL pour faire valoir la légitimité de ses propos.
A l’opposé de Google, qui demeure le leader incontesté, mais dont les pratiques sont bien connues pour personnaliser la recherche et optimiser ses outils publicitaires en puisant dans les données de navigation. Il détient à ce jour plus de 90% de parts de marchés. Côté utilisateurs, on constate une indexation moins exhaustive sur Qwant, tandis que Google propose une expérience plus complète avec ses résultats.
Cette décision rejoint pleinement l’ambition de souveraineté numérique de Bruxelles, devenue une priorité stratégique pour l’Union européenne. Face à la domination technologique de puissances étrangères comme les Etats-Unis ou la Chine, l’Europe veut en effet renforcer son autonomie digitale pour protéger ses citoyens, ses entreprises ainsi que ses infrastructures critiques.
La Commission européenne a d’ailleurs présenté pas plus tard que le 3 juin dernier son paquet “souveraineté numérique” visant à réduire ses dépendances. Chips Act 2.0, Cloud and AI Development Act, stratégie européenne pour l’open source et feuille de route sont autant d’outils qui devraient permettre à Bruxelles de renforcer ses capacités industrielles et accélérer la numérisation de son économie. Tout particulièrement dans les technologies jugées stratégiques. Vaste programme !



