Au lendemain des fêtes de fin d’année, le Parlement européen se remet au vert en voulant réduire drastiquement le gaspillage alimentaire comme le volume de déchets généré par celui-ci. Chaque année, ce sont 60 millions de tonnes de nourriture qui finissent à la poubelle dans l’Union européenne.
Rien de tel qu’une bonne résolution pour commencer 2026. Affichant cette fois-ci des objectifs chiffrés et contraignants, l’Europe change de ton face aux poubelles qui débordent.
Plus question de s’en tenir aux mesures incitatives. Les eurodéputés ont en effet adopté une révision de la directive-cadre sur les déchets, avec la volonté de « casser » la courbe du gaspillage alimentaire d’ici 2030. Au programme : 20 % de réduction au niveau de la transformation et de la fabrication des aliments, ainsi qu’une diminution de 30 % au niveau du commerce de détail, de la restauration et des ménages, ces derniers représentant 53 % du gaspillage total.
Ces ambitions sont-elles pour autant réalisables quand on sait à quel point les directives de l’UE tranchent souvent avec les réalités du terrain ? Le Parlement européen plaide en faveur de la mise en place de leviers concrets à adopter au quotidien, comme la compréhension des étiquettes, ou encore la fin des pratiques commerciales excluant les produits aux formes imparfaites à l’instar des légumes « moches ». Il en va de même pour les emballages.
Aucun doute que les vainqueurs des prochaines élections municipales auront du pain sur la planche, ces directives étant amenées à une déclinaison à la fois nationale et locale. Car c’est aux intercommunalités que revient la compétence relative à la gestion des déchets. Voilà un sujet qui risque fort de mobiliser les édiles quand on sait que plus de 40 millions de personnes dans l’UE n’ont pas les moyens de s’offrir un repas de qualité tous les deux jours.



