Dernière ligne droite pour le procès en appel de l’affaire dite des assistants parlementaires du Rassemblement national (RN). Au terme d’une journée décisive pour le parti, le parquet a demandé le 3 février de condamner Marine Le Pen à cinq ans d’inéligibilité et une peine de prison aménageable, sans exécution provisoire.
Marine Le Pen, son parti et dix autres personnes sont actuellement rejugés jusqu’au 11 février à Paris dans le cadre du dossier dit des assistants parlementaires d’eurodéputés. Partie civile, les avocats du Parlement européen ont demandé le remboursement des sommes détournées et 300 000 euros de dommages et intérêts, pointant la « persistance » des mis en cause dans une forme de « déni ».
Pour mémo, la justice reproche au RN d’avoir mis en place entre 2004 et 2016 une organisation frauduleuse ayant pour but la prise en charge par le Parlement européen des rémunérations d’assistants parlementaires dont l’activité se destinait en réalité… au parti. Celui-ci traversait alors des difficultés financières. Des accusations que Marine Le Pen a réfuté en bloc lors des interrogatoires.
Maître Maisonneuve, l’un des deux avocats du Parlement européen, l’assure : ce dernier a bien « été victime de ce système ». Le préjudice pour l’institution serait même estimé à 4,4 millions d’euros. Du coté de Marine Le Pen, il s’agit surtout d’un casse-tête qui risque de compromettre fortement sa candidature à la prochaine élection présidentielle.



