Après des années de retrait, le candidat modéré s’est largement imposé face à l’extrême droite lors du deuxième tour de l’élection présidentielle au Portugal, dimanche 8 février. Une victoire sans appel qui sonne comme une page nouvelle dans un pays en pleine recomposition politique.
En recueillant 66,8% des suffrages face au leader de l’extrême droite André Ventura, António José Seguro signe son grand retour sur la scène politique portugaise après un long silence d’une dizaine d’années. Le socialiste entend bien incarner le « président de tous les Portugais » et fédérer au-delà de son propre parti. En pleine campagne, cet ancien eurodéputé avait déjà reçu l’appui de figures politiques issues de tous bords : de l’extrême gauche à la droite en passant par le centre. Côté institutionnel, le nouvel homme fort du Portugal a également promis d’entretenir « des relations fructueuses avec le Parlement et le gouvernement ». Le tout afin d’assurer une stabilité politique au sein du pays. A noter qu’au Portugal, le président possède un rôle essentiellement constitutionnel, pour ne pas dire symbolique : parmi ses pouvoirs figurent celui de dissoudre le parlement avec un droit de veto sur les lois et décrets.
Si Bruxelles peut se réjouir de la défaite du parti d’extrême droite Chega, son fondateur André Ventura entend bien s’imposer comme un leader incontournable de la droite au Portugal sur le long terme. « Ce mouvement est imparable », a-t-il assuré. Son parti connait en effet un succès croissant puisque pour la première fois depuis 50 ans de démocratie, un candidat d’extrême-droite a atteint le second tour de l’élection présidentielle portugaise. Pour l’heure, António José Seguro est le premier socialiste à accéder aux commandes du pays depuis 20 ans. Il succèdera le 9 mars à Marcelo Rebelo de Sousa, en poste depuis 2016, pour devenir le 21ème président de la République portugaise.



