Après 16 ans au pouvoir, « l’illibéral » cède la place à celui qu’il a un temps compté parmi ses fidèles, le conservateur pro-européen Peter Magyar. Ce dernier s’est notamment engagé à « réconcilier » Budapest avec les institutions européennes.
C’est la fin d’un règne dont l’après ne sera sans doute pas facile. Néanmoins, le résultat des législatives hongroises a sonné ce dimanche 12 avril une nouvelle ère pour le pays, et un vrai séisme politique en Europe.
« Les résultats des élections, bien que non encore définitifs, sont clairs; pour nous, ils sont douloureux mais sans ambiguïté », a déclaré le dirigeant nationaliste Viktor Orban. Avant d’ajouter : « Nous n’avons pas reçu la responsabilité ni la possibilité de gouverner ».
Du coté de l’opposition, Peter Magyar s’est réjouit : « Ensemble, nous avons fait tomber le régime Orban. Nous avons libéré la Hongrie, nous avons repris notre patrie ». Après dépouillement, son parti Tisza aurait bénéficié de 66,69% des bulletins de vote, soit de 137 des 199 sièges de l’assemblée hongroise, selon les données du Bureau électoral. De quoi lui laisser les mains libres pour mener à bien des réformes constitutionnelles avec une super-majorité des deux tiers.
Sur X, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a déclaré : « La Hongrie a choisi l’Europe ». Même son de cloche du côté d’Emmanuel Macron, pour qui : « La France salue une victoire de la participation démocratique, de l’attachement du peuple hongrois aux valeurs de l’Union européenne et pour la Hongrie en Europe ». Le président du RN, Jordan Bardella, a quant à lui salué le bilan de Viktor Orban, « un grand patriote, qui aura achevé durant son mandat le rattrapage économique de la Hongrie, promu des politiques familiales qui ont permis de protéger la natalité, et défendu les frontières de son pays et de l’Europe face aux flux migratoires. Espérons de son successeur qu’il gouverne dans l’intérêt exclusif de son pays et de son peuple ».



