Le film « Sorda » de la réalisatrice espagnole Eva Libertad a remporté les faveurs du public comme des eurodéputés en cette nouvelle édition du prix LUX. Celui-ci a pour objet de mettre en lumière des films qui ouvrent les yeux sur des expériences dépassant notre propre conception de la réalité.
C’est une « tranche de vie » qui raconte l’histoire d’Ángela, une femme sourde attendant un enfant de son compagnon entendant. Ils forment un couple épanoui et heureux malgré leur différence. Mais la naissance de leur premier bébé inquiète Angela : saura-t-elle créer un lien avec sa fille ? Maternité, communication ou simplement capacité d’interaction, sont autant de craintes qui s’intensifient tout au long du film à mesure que le personnage se voit confronté à la réalité d’élever un nouveau né dans un monde inadapté à ses besoins.
De son côté, la réalisatrice affirme : « J’espère que ce prix contribuera à attirer l’attention sur la communauté des personnes malentendantes et sur la diversité de la population européenne, et qu’il favorisera la mise en place de politiques d’inclusion visant à améliorer les conditions de vie des personnes. Je suis convaincue qu’il aidera la société à changer sa perception de la diversité, afin qu’elle ne soit plus considérée comme un problème, mais plutôt comme une richesse humaine ». Car comment apprendre à devenir mère dans un monde qui oublie si souvent d’inclure ceux qui n’entendent pas ?
Effet « coup de poing » garanti, à en juger par le témoignage de Sabine Verheyen, la vice-Présidente du Parlement européen : « Porté par la performance époustouflante de l’actrice sourde Miriam Garlo, le film nous invite à écouter autrement et à construire une Europe où personne n’est laissé sans voix ».
Les quatre autres films présélectionnés :
- « Christy and his brother », du réalisateur irlandais Brendan Canty ;
- « Un simple accident », du réalisateur iranien Jafar Panahi, qui a remporté le Prix Sakharov 2012;
- « Love Me Tender », de la réalisatrice française Anna Cazenave Cambet ;
- « Valeur Sentimentale », du réalisateur norvégien Joachim Trier.



